Selon sa directrice, c’est dans la recherche médicale, sous évaluation éthique, que la révolution IA a le plus boosté la recherche dans les laboratoires d'INRIA
Pionnier dans l’aventure scientifique de Sophia Antipolis, et membre académique du consortium 3IA (1), INRIA (2) est l’un des premiers instituts à avoir cru au développement, en recherche et en industrie, de la Technopole azuréenne. Sur ce site, l’Institut National de Recherche emploie 600 personnes dont une majorité de chercheurs regroupés en une trentaine d’équipes-projets de pointe qui challengent la scène scientifique internationale.
À la manoeuvre, Maureen Clerc, directrice de recherches, pilote ce vivier d’intelligences scientifiques : « Notre coeur de métier ce sont les mathématiques appliquées et l’informatique au service d’applications concrètes ». Dans les laboratoires d'INRIA, à la fois utilisateurs et concepteurs d’IA, le domaine médical et biologique concentre un quart des recherches. C’est aussi le secteur où l’IA a le plus révolutionné le travail des scientifiques.
Projet majeur, une collaboration de plus de 10 ans avec les équipes cliniques de cardiologie de l’IHU Lyric de Bordeaux a abouti à des modélisations cardiaques en 4D d’une précision jamais égalée. Cette technologie permet au cardiologue, préalablement à l’acte chirurgical, de cibler les zones pathologiques difficilement repérables à l’oeil nu.
- « L’IA décuple la force de nos chercheurs »
Lors de l’intervention, le gain de temps est estimé entre 2 et 3 heures. Cette technologie diffusée à l’international a reçu le prix d’innovation de l’Académie des Sciences en 2023. « En médecine, les risques légaux et éthiques de nos recherches font l’objet d’une évaluation par un comité ad hoc - précise la directrice -. L’IA ne devrait pas éveiller de nouvelles peurs si elle continue de se développer en parallèle de l’intelligence humaine et de son esprit critique. Une solution serait de l’intégrer, dès l’école, pour apprendre aux nouvelles générations à s’en servir à bon escient et à ne pas faire une confiance aveugle à toutes les données qui circulent. L’IA est source de grands progrès, elle décuple la force de nos chercheurs ».
PlantNet, l’appli aux 15 millions de téléchargements !
Très grand public, l’application PlantNet est elle aussi née dans les laboratoires d'INRIA. Son usage ? Identifier la variété et les spécificités d’une plante à partir d’une simple photographie.
Le succès de PlantNet a été planétaire avec plus de 15 millions de téléchargements ! Autre procédé qui a largement contribué à la réputation de Sophia sur la scène scientifique internationale et qui a obtenu en 2024 le Grand Prix Académie des Sciences, le 3D Gaussian Splatting. Derrière cette appellation se cache un système révolutionnaire de rendu d’images 3D en temps réel à rendre envieux les géants du Web. Issu de méthodes de pointe en informatique graphique, il permet la reconstitution de scènes 3D, à partir de quelques images photographiques ou vidéos.
Traité en Open Source, le procédé a rapidement suscité l’enthousiasme des start-up* du graphisme, des jeux vidéo et aussi des GAFA*. 3D Gaussian a aussi vocation à intéresser l’industrie du cinéma, le commerce en ligne et pourquoi pas le monde judiciaire pour la reconstitution de scènes de crimes…
Bienvenue dans le futur !
(1) Réseau Français des Instituts Interdisciplinaires d’Intelligence Artificielle (3IA) instituts-3ia.fr
(2) L’Institut National de Recherche en Informatique et Automatique s’installe à Sophia dès 1983.

Au coeur de la recherche & du développement
Université Côte d’Azur figure parmi les plus grandes Universités françaises. Au coeur de ses fonctions trois axes forts : l’enseignement supérieur, la recherche en lien avec les organismes de recherches nationaux et l’innovation en partenariat avec le monde industriel. S’agissant de formation, Université Côte d’Azur se présente avec deux grandes composantes. À savoir, l’IUT et ses trois départements (1) et l’École d’Ingénieurs Polytech Nice Sophia, centrée sur le numérique. Le site Sophi@tech accueille également Eurecom, école d’ingénieurs spécialisée dans le Numérique et la cybersécurité et jouxte les campus de Skema, 7e école de commerce wfrançaise, et de l’École des Mines Paris Tech, école d’ingénieurs nationale de grande renommée.
Concernant la Recherche, tous les laboratoires sont des unités mixtes qui associent donc l’Université, le CNRS, INRIA, l’INSERM ou l’INRAE. Ils viennent en soutien du développement des grandes filières de la technopole, à savoir le Numérique (microélectronique, télécommunications, informatique et Intelligence Artificielle), les biotechnologies et l’Environnement (énergie, gestion de l’eau, risques et développement durable).
Des laboratoires d’envergure internationale
Parmi les plus gros labos de recherche, le Laboratoire Informatique Signaux et Systèmes de Sophia Antipolis (I3S) sous la tutelle d’Université Côte d’Azur et du CNRS a largement contribué au développement de la 2G/3G/4G qui constituent le coeur de nos smartphones. L’IPMC (Institut de Pharmacologie Moléculaire et Cellulaire) est une unité mixte de recherche entre le CNRS, Université Côte d’Azur et l’Inserm centrée sur la génomique humaine. Avec ses 400 chercheurs, c’est notamment l’un des gros laboratoires pharmaceutiques mobilisés par l’État au moment de la COVID-19 pour la création de tests. Autre exemple majeur, celui de l’Institut Sophia Agrobiotech (UniCA, CNRS et INRAE) centré sur la recherche d’alternatives aux traitements phytosanitaires chimiques en agriculture
(1) Qualité Logistique Industrielle et Organisation, Info-com et Réseaux & Télécoms.