Pratique

En cardiologie, c’est un outil d’aide au diagnostic

Depuis deux ans, l’IA assiste quotidiennement les cardiologues de l’hôpital d’Antibes

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Depuis deux ans, l’IA a fait sa grande entrée dans le service cardiologie du Centre Hospitalier d’Antibes. Jusque-là, pour vérifier si une sténose, ou rétrécissement d’une artère, posait un réel danger, il fallait introduire un guide dans l’artère pour mesurer la pression sanguine. Cette méthode, contraignante et invasive, avait aussi le désavantage de présenter un risque pour le patient. 

Grâce à l’IA, ces informations s’obtiennent désormais par le biais d’images de coronographie. Un simple examen d’imagerie du coeur permet au logiciel d’analyser la circulation du sang et de déterminer si une sténose est problématique. Bilan : un diagnostic fiable et surtout zéro risque pour le patient.

  • «  l’IA ne remplace pas l’expertise d’un professionnel de santé.  »

L’IA va même plus loin en aidant le cardiologue d’une part à planifier le traitement (recommandation du type de stent…) et aussi à anticiper le résultat postopératoire. Dans de rares cas, l’Intelligence Artificielle montre encore ses limites en ne détectant pas les «  zones grises  ». Les médecins ont alors recours à la méthode classique. 

Une analyse instantanée des données 

Prochainement, le service de cardiologie d’Antibes va utiliser une IA pour analyser les enregistrements du rythme cardiaque sur 24 heures et détecter d’éventuelles arythmies. Cette nouvelle technologie permet au médecin rythmologue une lecture quasiment instantanée des tracés quand cela prenait une vingtaine de minutes. Dans ce cas de figure, l’IA opère comme un assistant et classe de manière automatique les événements et les anomalies dans un rapport détaillé. 

Anne Bellemain-Appaix, cheffe du service cardiologie à l’hôpital d’Antibes est formelle : «  l’IA ne remplace pas l’expertise d’un professionnel de santé. C’est toujours le médecin qui valide l’analyse et prend la décision finale. L’Intelligence Artificielle améliore la prise en charge des patients. Elle permet un diagnostic plus rapide et réduit le recours à certaines interventions médicales  ».

Un mannequin haute-fidélité pour s'entraîner ! 

Il respire, parle, pleure et réagit aux soins prodigués comme un véritable patient

Pour former le personnel soignant, l’Hôpital d’Antibes a récemment aménagé un centre de simulation capable de reproduire des urgences médicales dans les mêmes conditions que sur le terrain. Les soignants peuvent ainsi s’exercer sur des scénarios variés : arrêts cardiaques, hémorragies post-accouchement, crises d’asthme sévères, etc. 

Au coeur de cette formation immersive, un mannequin haute-fidélité simule un véritable patient : il respire, parle, pleure et réagit aux soins prodigués. Grâce à l’Intelligence Artificielle, il analyse en temps réel les gestes des apprenants et ajuste ses réactions en conséquence. Par exemple, lors d’une réanimation cardiopulmonaire, il évalue la qualité des compressions thoraciques et fournit un retour instantané pour améliorer la technique des soignants. 

Le Dr Jordan Tosi, réanimateur, précise que, si l’IA permet d’automatiser certains scénarios, les formateurs préfèrent garder la main sur la simulation. Pourquoi ? «   Parce que chaque situation médicale est unique. Face à un patient, les soignants doivent interpréter des signaux subtils, s’adapter en permanence et prendre des décisions rapides. À ce jour, aucun algorithme* ne peut égaler cette capacité d’intuition et de jugement humain   ».