Si vous êtes adeptes des réseaux sociaux, vous avez sans doute vu cette jeune femme blonde, de dos, marcher pieds nus sur la plage, près d’une porte, ou dans des décors enchanteurs… La démarche sereine de la demoiselle donne envie d’en savoir davantage, alors que les vidéos ont été, comme le reste de la charte, générée en partie par l’IA.
Un choix innovant et assumé par Sébastien Hamard, directeur des « Nuits Carrées » : « On a voulu prendre le parti de cette technologie qui prend de l’ampleur. Notre territoire a un rôle clé à jouer en termes d’innovation et donc en termes d’IA. Nous sommes un acteur culturel de ce dernier, et nous avions envie de faire corps avec ce territoire dans lequel nous vivons. » Pour ce faire, les « Nuits Carrées » se sont appuyées sur un créateur de contenu qui a proposé sa vision artistique, mêlée donc à une vision plus technologique, une proposition accueillie à bras ouvert par Sébastien Hamard et son équipe de communication.

« On a beaucoup réfléchi à l’histoire que nous voulions raconter, explique- t-il. Cet outil est une nouvelle manière d’aller plus loin, d’aller très loin. Cela aurait été très difficilement réalisable uniquement par la main de l’homme. C’est un travail monumental. » La technologie a donc été mise au profit des créatifs, pas à leur détriment. Puisque pour que l’IA fasse son boulot, un travail préalable d’écriture précise de prompts* et de créations de maquettes est nécessaire. L’outil génère ensuite un visuel, que l’équipe créative finit par peaufiner, pour avoir le rendu escompté. « Ça n’a enlevé de travail à personne et je ne supprimerai jamais les artistes pour la seule utilisation de l’IA, rassure Sébastien Hamard. De toute manière, l’outil n’en est pas capable sans la pensée et l’imagination de l’homme au préalable. » L’identité visuelle ne laisse pas indifférent, plaît ou ne plaît pas mais fait parler et, d’un point de vue communication, le contrat est rempli.
Le directeur du Festival, conscient du clivage que peut représenter l’IA, s’appuie sur cette première réussie : « Il faut avancer avec son temps et avec son public. Celui des Nuits Carrées n’est plus le même qu’à sa création il y a 20 ans. Aujourd’hui, nous avons décidé de prendre ce virage mais dans quelques années, pour tous les festivals, la question ne se posera même plus. » Nul ne sait (encore) jusqu’où déambulera cette jeune femme blonde, mais pour les « Nuits Carrées » la direction est claire : s’appuyer sur l’évolution pour aider à la création.
Pas un coup d’essai
En plus du Festival des « Nuits Carrées », Sébastien Hamard dirige celui des « Coul’Heures d’Automne » qui agrémente chaque année la Ville d’Antibes Juan-les-Pins de fresques murales. Celle d’Andréa Ravo Mattoni, que les Antibois peuvent apercevoir sur la voie rapide de la Badine, a été entièrement générée par l’IA avant d’être sublimée par les mains de l’artiste italien.
