L’Intelligence Artificielle (IA) est définie par le Parlement Européen comme tout outil utilisé par une machine qui peut « reproduire des comportements liés aux humains, tels que le raisonnement, la planification et la créativité ». Autrement dit, l’IA permet aux machines de simuler l’activité et l’intelligence humaine sur des tâches prédéfinies, habituellement réalisées par les humains. Pour réaliser les tâches demandées, ces machines sont dotées de systèmes informatiques.
Ces programmes trient, traitent et stockent des données brutes à l’aide d’algorithmes*. Pour mieux comprendre, imaginons un gâteau. Afin de le réaliser, il faut une recette et des ingrédients. La recette est l’algorithme* et les ingrédients sont les données ou datas*. En associant toutes les données nécessaires à l’algorithme*, comme tous les ingrédients de la recette, on obtient le résultat escompté. C’est ainsi qu’une voiture autonome peut reconnaître des obstacles ou que ChatGPT* pourra répondre à une demande et fournir les meilleurs résultats sous forme de conversation.
Mais s’il manque une donnée dans la requête, le résultat n’est pas optimal. À l’instar d’un ingrédient manquant dans la recette : le gâteau n’a pas la même saveur...
« L’IA au service de l’Humain »
Au fil des progrès informatiques, les algorithmes* s’améliorent. À force d’entraînement, ils apprennent tout seul à trouver les données nécessaires pour générer un résultat toujours plus pointu. Ainsi, les machines peuvent même dépasser l’intelligence humaine, comme lorsque les champions du monde d’échec, en 1997, et du jeu de go, en 2017, ont été battus par des IA.
Désormais, l’Intelligence Artificielle peut même générer des contenus de manière autonome : on parle alors d’IA générative*. Pour reprendre l’exemple de ChatGPT*, il peut, depuis quelques mois, créer intégralement des textes originaux, inventés par son système d’IA. Mais il est possible aussi de générer des sons, des images, des vidéos et même des personnages fictifs en posant une simple question – un prompt* -, sur les systèmes génératifs appropriés (Midjourney, Character. ai, Gamma…).
L’IA est une technologie puissante devenue incontournable, utilisable par tous dans tous les domaines : sécurité, santé, environnement, éducation, diffusion de l’information… Les grandes puissances mondiales se concurrencent pour la développer et se l’approprier. Entre la Chine et les États-Unis, l’Europe se positionne notamment à travers la Technopole de Sophia Antipolis, pionnière en la matière. Le slogan de Sophia Antipolis, « Tech for Humanity », traduit son ambition : développer une IA éthique et responsable au service de l’Humain.
(Sources : L'Esprit Sorcier, nov. 2018 ; site de la CNIL cnil.fr)
L’avenir de l’IA s’écrit au Pôle Alpha
La première pierre du Pôle Alpha a été posée en octobre 2024 et aujourd'hui le gros oeuvre est terminé. Ce bâtiment sera à l’avant-garde de l’innovation tout en respectant les engagements environnementaux de Sophia Antipolis. Labellisée « Bâtiments Durables Méditerranéens », la construction sera dotée de 400 m² de panneaux photovoltaïques produisant 100 % de l'éclairage, 30 % d’alimentation électrique des postes de travail. Des sondes géothermiques lui permettront de couvrir 100 % de ses besoins en chauffage et 83 % des besoins en rafraîchissement.
À proximité directe de l’université Sophi@Tech, ce site permettra aux ingénieurs, chercheurs et entrepreneurs de se côtoyer au coeur d’un « méta campus » de l’IA. L’École d’ingénieurs Eurecom, spécialisée en IA et cybersécurité, les quatre incubateurs majeurs TechForward, l’Incubateur Provence Côte d’Azur, les DéCCideuses, Skema Ventures et des start-up seront dans un même espace, comprenant également un auditorium de 120 places.
D’une surface globale de 8 500 m², le Pôle Alpha dédiera 1 000 m² à la Maison de l’Intelligence Artificielle. En son sein, le Département des Alpes-Maritimes et la CASA ouvriront une Cité du Numérique et de l’IA qui permettra au grand public de comprendre l’Intelligence Artificielle de manière ludique. La livraison du bâtiment est prévue fin 2025.

Antibes, Prix National 2024
En matière d'IA, la Ville d’Antibes n’est pas en reste. Elle a développé et mis au point une IA spécifique adaptée aux Collectivités Territoriales qui a reçu un Territoria de bronze « Transformation numérique ». Elle permet d’établir en moins de 20mn, avec une fiabilité redoutable, le « budget vert » de la commune, là où une équipe de plusieurs personnes aurait mis une année pleine.
Son objet ? Intégrer des critères environnementaux dans l’élaboration d’un budget. Celui d’Antibes contient 6 000 lignes, six axes verts et 17 objectifs à prendre en compte !
À l’heure où on parle de l’impact environnemental de l’IA et de la protection des données, Antibes a réussi un double pari. Plutôt que de développer sa solution à partir des grands moteurs d’IA très énergivores, elle a préféré jouer la carte de la spécialisation et se recentrer uniquement sur le budget de la commune. Un seul ordinateur suffit pour faire fonctionner l’IA antiboise et à l’entraîner. Les données sensibles ne sont pas envoyées sur des serveurs à l’étranger mais restent à l’intérieur des frontières antiboises.